Dossier hébergeurs (5) : Où acheter ses noms de domaine ?

Apprenez à acheter vos noms de domaine en dehors de votre hébergement pour garantir le contrôle et éviter les complications.

Rédigé par : Maxime Dubois

Publié le : août 30, 2025


 

Où acheter ses noms de domaine

Le nom de domaine (NDD) est votre véritable propriété, le terrain sur lequel vous construisez votre site. Tandis que l’hébergement peut changer régulièrement, le nom de domaine reste stable.

Conseil : ne jamais acheter votre nom de domaine chez votre hébergeur

(Le surlignage en rouge est une recommandation d’Aphrodite, un lecteur de ce blog, et je suis d’accord car c’est très important.)

Un nom de domaine est votre bien, et sa propriété ne peut être modifiée sans votre accord, ce qui engendre des frais d’environ une trentaine d’euros. Soyez vigilant lors de l’enregistrement. L’entité en charge de l’enregistrement d’un nom de domaine s’appelle un Registrar. Bien que la majorité des hébergeurs agissent aussi en tant que Registrars, ce n’est pas toujours le cas. Votre hébergement est donc une action indépendante de l’enregistrement de votre nom de domaine, même si, pour des raisons commerciales, certains hébergeurs proposent l’enregistrement lors de l’achat. Cela n’est pas obligatoire, et il est en réalité préférable de l’éviter.

Je sais que cela peut sembler facile et attrayant d’opter pour un pack tout compris qui inclut hébergement et nom de domaine. Si un pack vous en propose un, réservez-le plus tard pour protéger votre nom, par exemple en prenant une autre extension pour votre NDD. Prenons l’exemple de : votre domaine principal est monsite.com et vous pourriez réserver un monsite.net, une adresse que vous n’utilisez pas, mais qui protège votre marque pour une autre extension.

Il est essentiel de considérer un potentiel litige avec votre hébergeur ou un déménagement vers un autre. Certains n’hésitent pas à bloquer complètement votre site sans préavis ; cela peut arriver suite à un léger retard de paiement pour un de vos services entraînant une suspension de tous vos services. Ou le pire, si votre site est populaire, il peut consommer beaucoup de ressources. Dans ce cas, l’hébergeur pourrait tenter de vous forcer à choisir un plan plus coûteux, parfois à des niveaux ridicules. Quand vous ne pourrez plus accéder à votre interface pour résoudre la situation ou pour sauvegarder votre base de données, il sera trop tard. Donc, restez prudent. À moins d’être totalement certain de votre démarche, cela ne sera pas faisable pour la plupart d’entre vous.

Pensez également à votre désir ou besoin éventuel de changer d’hébergeur. Si votre nom de domaine est inclus dans le pack, le transfert sera inévitable. Cela peut être long et compliqué, même pour un novice. Lors d’un transfert pour mes clients, je dois toujours relancer la procédure, contrôler, discuter avec un technicien ; cela ne se fait jamais simplement. Cependant, si votre nom est réservé ailleurs, il suffira d’indiquer l’adresse de votre nouvel hébergeur. En termes techniques, cela s’appelle renseigner les DNS de l’hébergeur. C’est beaucoup plus simple que d’effectuer un transfert.

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Privacy Whois

Le Whois affiche toutes les informations concernant votre nom de domaine sur Internet. Ces informations sont publiques. Testez-le pour voir les détails de ce qui vous concerne.

Votre nom, prénom, adresse, téléphone, email, hébergeur, et date de création de votre site, sont donc consultables par tous. Pour une société, cela est obligatoire, mais pour un particulier, il est crucial de protéger ses données. Cela s’appelle le privacy whois. Tous les hébergeurs ne proposent pas cette option ou la rendent payante, parfois à des prix élevés similaires à ceux du NDD. Bien que des recommandations de l’Internic stipulent que c’est théoriquement interdit, cela est plus que faisable.

Où acheter et pour quelle extension

En France et en Europe, le choix des services de confidentialité est limité. Je n’ai trouvé que OVH et Amen pour le Whois privé, et c’est gratuit. Je ne recommande pas trop Amen, donc OVH reste ma suggestion principale. Pour les domaines en .fr, la confidentialité est toujours assurée car c’est l’Afnic qui gère cette extension. D’autres options existent également ailleurs.

Il est important de considérer tous les services offerts. L’achat d’un nom de domaine doit vous garantir un contrôle total : gestion des DNS, modifications des contacts, emails.

Pour réserver un nom de domaine européen francophone (fr, be, eu,…), choisissez un Registrar européen. Je vous recommande OVH si la confidentialité Whois est cruciale pour vous. Si ce n’est pas le cas, Bookmyname propose les tarifs les plus compétitifs. Bien entendu, vous pouvez également réserver des noms génériques (com, net, org, etc.).

OVH offre avec votre nom de domaine un espace de 2 Go, qui bien qu’inutile pour un site dynamique, peut héberger un site statique sans problème, comme un petit site vitrine en HTML. Commercialement et techniquement, OVH reste la meilleure option en France, permettant d’avoir un espace statique pour seulement 8 euros par an.

Quelques Registrars pour vos noms de domaine

Les prix ci-dessous sont basés sur des extensions génériques (com, net, org…), hors promotions temporaires et TTC. Les choix pour les extensions européennes sont limités si l’on souhaite éviter les prix excessifs.

Avec whois privé :

  • MYHOSTING 6,32 € (américain) 11,17 FR
  • OVH 7,16 € à 8,36 € (français) +2G espace hébergement pour site statique
  • NETFIRMS 9 € (canadien)
  • FASTVISION 9,32 € (britannique)
  • NEXX 10,43 € (canadien)
  • AMEN 14,35 € (français) +2G espace hébergement pour site statique

Sans whois privé :

  • BOOKMYNAME 7,16 €
  • PHPNUX 8,36 €
  • 1&1 8,36 €
  • WESTHOST 9 € ou 6,83 €/an si vous payez dix ans d’un coup.
  • Ou 7,46 € si achat de 10 NDD et extension de la durée déjà achetée ailleurs.

Godaddy est intéressant si vous achetez plus de 5 NDD dans les extensions génériques ; vous profiterez alors du Whois privacy et de tarifs dégressifs.

Pour les hébergeurs américains : ils sont à considérer pour toutes vos extensions génériques : .com, .net, .org, .biz, .info, surtout si vous possédez de nombreux noms de domaine, car ils pratiquent des tarifs dégressifs.

Quant aux hébergeurs européens, leurs tarifs sont beaucoup plus compétitifs pour les extensions européennes.

Addon domaine

Qu’est-ce que c’est ? Une solution simple qui offre la liberté. Les domaines compagnons permettent le multidomaines sur un même hébergement. Ne confondez pas cela avec les multisites, comme chez OVH, qui représente une approche technique différente d’avoir plusieurs sites sur le même hébergement. Il est préférable de choisir un hébergeur qui offre le support du multidomaines et l’Addon. Cela vous permettra d’installer plusieurs sites web sur le même pack rapidement.

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Comme vous avez acheté votre nom de domaine ailleurs, vous pouvez le diriger vers votre hébergement. Certains hébergeurs ne gèrent pas réellement en Addon mais permettent d’effectuer des actions similaires. C’est techniquement moins flexible mais faisable. Ces informations sont présentées dans votre pack sous la forme de « nombre de domaines ». Assurez-vous de ce point si vous envisagez d’ajouter plusieurs sites à votre hébergement. Les hébergeurs proposant l’Addon disposent d’une interface ressemblant à celles des serveurs dédiés, comme cPanel, WebMin ou Plesk, permettant d’ajouter en quelques clics vos NDD et de transférer vos autres sites.

Panneau d’administration pour les NDD

Excepté pour Bookmyname, qui ne traite que cela, le panneau d’administration est généralement celui d’un hébergeur… sans hébergement.

Panneau d’administration des hébergeurs

Attention, ne confondez pas l’interface de votre compte chez votre hébergeur avec la console d’administration technique. Parfois, il n’y a pas de distinction, ce qui complique les choses. Personnellement, je trouve l’interface chez phpNux et OVH peu intuitive, nécessitant de nombreux clics pour trouver son chemin. Une fois trouvé, c’est encore compliqué. Je ne parle même pas d’Amen, que je considère comme une véritable catastrophe. L’interface de 1&1 est non conforme, mais convient aux débutants qui la trouvent facile. Celle d’Infomaniak est précise et originale. Les interfaces des hébergeurs américains et canadiens fonctionnent en mode cPanel, ce qui est appréciable pour leur clarté et leur gestion exhaustive. Toutefois, les débutants trouvent cela plus « technique ». L’interface client est en anglais, mais le cPanel peut être disponible en français. Ceci est le cas chez Maven, bien que chez eux l’accès ne soit pas complet pour le développement, ce qui importe peu aux utilisateurs novices. Toutefois, si vous gérez seulement un nom de domaine, ignorez ces remarques ; tout ce que vous devez gérer ici, ce sont les DNS.

Comment ajouter un nom de domaine externe chez son hébergeur

  1. Achetez (enregistrez) un nom de domaine chez un Registrar (ou un hébergeur).
  2. Attendez le mail de confirmation pour vous connecter.
  3. DNS (système de noms de domaine) : Retrouvez le mail de votre hébergement (pas celui du domaine donc) pour obtenir les données techniques. Si vous ne l’avez pas encore fait, notez tout sur une grande feuille. Recherchez là-dedans les deux lignes qui renseignent vos DNS. Si vous l’avez égaré, connectez-vous chez votre hébergeur, cliquez sur gestion des noms de domaine puis sur DNS. C’est l’adresse physique du serveur de votre site ; il faut indiquer à votre nom de domaine où il se trouve.
  4. Connectez-vous chez le Registrar ou l’hébergeur où vous avez acheté votre NDD. Trouvez la section DNS. Il y a deux lignes : un serveur primaire et un serveur secondaire. Insérez les deux lignes aux bons emplacements (DNS primaire pour le serveur primaire, DNS secondaire pour le serveur secondaire). Cela peut paraître intimidant, mais c’est réellement simple à réaliser. Votre Registrar saura désormais où se trouvent vos sites web.
  5. Chez votre hébergeur (où se situe votre hébergement), ajoutez votre site web, votre nom de domaine. Cliquez sur Addon Domaine ou Domaine compagnon. Indiquez uniquement le nom de domaine, sans le http ni www. Par exemple, lashon.fr est mon nom de domaine. Normalement, le reste se fait automatiquement… Vous devrez choisir un mot de passe qui correspond à l’accès FTP. Le site sera visible dans un sous-dossier du même nom dans public_html. Notez que votre site principal se trouve toujours dans public_html, il n’est pas possible ou souhaitable de le changer. Tandis qu’un site ajouté sera dans un dossier.
  6. Attendez quelques minutes à 24 heures selon votre hébergeur pour la propagation des DNS. (De deux minutes à quelques heures chez Westhost, et entre 4 h et 24h ailleurs…)
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Chaque site web et nom de domaine a ses propres données techniques : FTP, mot de passe, base de données, etc. Tout est plus clair.

Vous pouvez donc ajouter autant de sites web que vous souhaitez, tant que vous avez la place nécessaire et que la somme de tous vos sites n’excède pas la charge que votre hébergeur autorise. Si vous avez un cPanel, il y a une option pour vérifier cela. Ainsi, privilégiez les hébergeurs qui vous offrent un cPanel et l’Addon (la plupart des hébergeurs américains et canadiens). Si vous connaissez d’autres hébergeurs européens, partagez vos expériences.

Et ailleurs ? S’il n’y a pas d’Addon ?

La procédure est semblable, mais pas automatique. Prenons l’exemple où votre hébergeur est 1&1 et que vous avez un pack incluant votre nom de domaine. Si vous souhaitez transférer votre nom de domaine chez OVH tout en gardant votre site chez 1&1, ou ajouter un nouveau nom de domaine à votre pack chez 1&1, achetez celui-ci chez OVH. Une fois que vous cliquez sur votre doit, dans la section DNS de 1&1, vous verrez :

Serveur DNS Primaire : ns61.1and1.fr (et IP 195.20.224.158)
Serveur DNS Secondaire : ns62.1and1.fr (et IP : 212.227.123.79)

Il vous suffira donc de noter les DNS fournies par OVH pour votre nouveau nom de domaine, du genre : dns10.ovh.net et ns10.ovh.net.

Ensuite, retournez chez 1&1, à la gestion de domaine. Si le nom n’est pas encore ajouté, faites-le en rejetant le transfert. Une fois qu’il apparaît, cliquez sur modifier les DNS. Indiquez le DNS du serveur primaire d’OVH dans le serveur primaire, et de même pour le serveur secondaire… Et voilà, c’est tout.

Que faire si je possède un nom de domaine au même endroit que mon hébergeur

Recherchez un Registrar qui vous convienne et transférez-y votre domaine. Réalisez ensuite les étapes ci-dessus, en renseignant là-bas les DNS de votre hébergeur. Pour chaque transfert de domaine, un code d’autorisation sera nécessaire. Ce dernier commence par le nom de votre hébergeur suivi de chiffres. Selon la société d’hébergement, ce code est déjà renseigné dans les coordonnées de votre nom de domaine dans la section DNS, ou devra être demandé par mail. Il est également possible, lors de l’achat, d’entrer directement les DNS de votre hébergeur pour éviter toute interruption d’accès à votre site. Cependant, cette procédure est très simple si vous respectez l’ordre suivant.

Pour un transfert de nom de domaine sans migrer votre site web :

  1. Trouvez le code d’autorisation du NDD.
  2. Achetez le NDD chez un autre Registrar.
  3. Laissez le Registrar le créer dans son interface et attendez le mail de confirmation d’achat avec les détails techniques.
  4. Ensuite, connectez-vous (maximum une demi-heure plus tard), checkez la gestion des DNS et renseignez les DNS de votre hébergeur. Ainsi, peu importe combien de temps cela prendra, les DNS seront déjà configurés vers votre hébergeur actuel sans aucune coupure.

En résumé

  • Achetez vos noms de domaine en dehors de votre pack d’hébergement.
  • Ajoutez vos domaines chez votre hébergeur.
  • Conservez le nom gratuit ou utilisez-le comme espace de test, ou dirigez-le vers votre site principal.
  • Si c’est trop tard, transférez votre nom de domaine principal ailleurs.
  • Si vous possédez de nombreux domaines à migrer, optez pour des formules dégressives comme celles proposées par Westhost ou Godaddy.

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